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Fatoumata Diawara sortira son nouvel et second album « Fenfo » le 25 mai (3ème Bureau/Wagram Music). Il succède à « Fatou » (2011, World Circuit), qui avait connu un grand succès auprès du public et de la critique, de Pitchfork à The Guardian. Elle débute sa tournée des capitales européennes dès mars avant une halte au Jazz Café de Londres le 26 mars, complet depuis plusieurs mois déjà.

« Nterini » (qui signifie « mon amour / mon confident ») est le premier extrait de l’album « Fenfo ». Cette chanson exprime la peine que ressentent deux amants séparés par la distance. « Mon amour, mon confident est parti tellement loin et ne m’a pas donné de nouvelles ».  Mais cette séparation évoquée poétiquement dans Nterini est aussi prétexte à aborder un sujet plus politique et ô combien actuel, celui des migrants. Thème explicité dans la vidéo de la chanson, réalisée par l’artiste éthiopienne Aida Muluneh, dont le travail est motivé par la volonté de porter un regard africain sur l’Afrique.

 

Fatoumata Diawara, jeune trentenaire combative et travaillant sans relâche, est une artiste aux multiples facettes, citoyenne du monde, avide de collaborations, effectuant sans cesse un mouvement de balancier entre l’Afrique et l’Europe – en passant par les USA-, voyageant entre autant d’univers musicaux et de cultures ; sans oublier le cinéma. Après une apparition remarquée en 2014 dans Timbuktu d’Abderrahmane Sissako nommé aux Oscars et couronné par sept Césars (2015, dont meilleur film et meilleur réalisateur), film pour lequel elle a écrit, composé et interprété la chanson phare de la bande originale, on la retrouve dans Mali Blues et elle sera en haut de l’affiche du prochain long métrage de Philippe Godeau aux côtés de Omar Sy (sortie salles en décembre 2018).

Fatoumata est aussi une militante sociale et lutte contre le trafic et le commerce de migrants africains dans les marchés d’esclaves, notamment en Libye. Elle a enregistré en 2017 la chanson « Djonya » (qui signifie « esclavage » en bambara).

La bouillonnante malienne porte en elle toute l’Afrique d’aujourd’hui, synthétise à la fois ses traditions ancestrales et son futur. Un futur alimenté par les métissages et les rencontres, un futur d’une conscience éveillée et fière. Elle nourrit sa musique de sonorités occidentales et intègre l’Afrique dans sa vision de l’Occident, pour un futur commun.

Fatoumata Diawara est une grande voix de l’Afrique moderne, porte-parole d’un continent en constante mutation duquel émergent de nouvelles figures, fières de leur héritage, abordant l’avenir avec confiance et transmettant un message universel.

 

Fatoumata a travaillé avec quelques-uns des plus grands musiciens contemporains, partageant les studios d’enregistrements avec Bobby Womack, Herbie Hancock ou encore le pianiste cubain Roberto Fonseca qu’elle accompagna également en tournée. Elle a déjà foulé les scènes d’un nombre impressionnant de festivals dont le légendaire Glastonbury. Au Mali, Fatoumata a rassemblé plusieurs artistes d’Afrique de l’Ouest dont Amadou et Marian, Oumou Sangaré et Toumani Diabaté pour enregistrer une chanson appelant à la paix dans son pays natal. Elle est aussi une figure du collectif Africa Express de Damon Albarn, ce qui l’a même amenée à partager la scène avec Paul McCartney.
Plus récemment, on a pu la croiser sur les scènes européennes en duo avec Hindi Zarah. Et c’est à travers le collectif Lamomali que l’infatigable artiste s’est brillamment illustrée aux côtés de Matthieu Chedid, Toumani et Sidiki Diabaté. Avec plus de 50 concerts complets (dont deux AccorHotels Arena / Paris Bercy) et une Victoire de la Musique au compteur (Album Musique du Monde 2018), la grande voix de Lamomali peut continuer son inéluctable ascension, en volant de ses propres ailes.

 

L’album Fenfo n’a pas de frontières. Enregistré entre le Mali, le Burkina Faso, Barcelone et Paris, il est coréalisé par Fatoumata elle-même et Matthieu Chedid, la modernité de la guitare électrique se mêlant aux sonorités des instruments traditionnels (kora, kamalé n’goni,…), tandis que la batterie se mélange aux rythmes intemporels des percussions africaines. Les musiciens africains de Fatoumata croisent alors les interventions subtiles des guitares et claviers de Matthieu Chedid ainsi que l’élégance du violoncelle de Vincent Ségal.

Les compositions touchent à tous les styles africains, anciens et modernes, du blues lent de « Kokoro » au funk frémissant de « Negue Negue » à l’afro-pop syncopée de « Ou Y’an Ye ». De douces berceuses (« Mama ») côtoient des chansons pop entrainantes (« Bonya »). Le groove hypnotique du morceau qui donne son nom à l’album se mélange aux rythmes enjoués de « Dibi Bo ». La chanson envoûtante et intime « Don Do » s’appuie sur l’association simple, mais efficace de la voix de Fatoumata, la guitare acoustique et le violoncelle évocateur de Vincent Ségal.

À l’instar d’un conte moderne, les 11 chansons, interprétées en bambara, abordent des thèmes intemporels tels que le respect, l’humilité, l’amour, la migration, la famille et la construction d’un monde meilleur pour nos enfants.

« Je ne voulais pas chanter en anglais ou en français, car je voulais respecter mon héritage africain », explique-t-elle. « Je voulais toutefois un son moderne, comme le monde dans lequel nous vivons. J’aime la tradition, mais j’ai aussi besoin d’expérimenter. On peut garder ses racines et ses influences, mais les communiquer dans un style différent. L’album Fenfo exprime mes sentiments et ce que je veux dire. C’est un album qui montre qui je suis. » explique Fatoumata.