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Bienvenue à La Gran Diversion !

L’hyperréalisme s’invite en musique à La Villette : c’est que, sachons-le, la fameuse Cabane Cubaine investit les lieux pour une folle nuit de danse !

Quid ?

Pour comprendre, rien de mieux que quelques vers de Leopold Senghor sur «La Cabane»:

“Comme je passais rue Fontaine, / Un plaintif air de jazz / Est sorti en titubant, / Ébloui par le jour, / Et ma chuchoté sa confidence / Discrètement / Comme je passais tout devant / La Cabane cubaine. / Un parfum pénétrant de Négresse / Laccompagnait. 

Un siècle plus tard, c’est le parfum enivrant du talentueux Fonseca qui accompagnera cet air de jazz et nous embarquera dans un danse effrénée.

«Au rythme du jazz et de la musique cubaine, récemment découverte, on dansait furieusement, jusqu’à l’aube, dans les douze ou quinze dancings du quartier », ajoutait l’écrivain Alejo Carpentier dans ses Chroniques. Nous sommes dans les années 30, et la Cabane Cubaine était le plus réputé de ces cabarets.

Aujourd’hui rangé dans la catégorie « Loisir sénior », le concept de dancing se voit brusquement réactualisé par le pari fou de Daniel Florestano, ancien manager du Buena Vista Social Club® et l’actuel du virtuose Roberto Fonseca. C’est l’idée d’un voyage dans le temps. Une déterritorialisation spatio-temporelle. La chaude atmosphère du club de musique cubaine des années 30 s’installe à l’identique au cœur même du Parc de La Villette. L’objectif : remettre à l’ordre du jour le cu. La musique cubaine doit traverser les corps, les faire swinguer dans toute leur sensualité, et le rôle est donné au public, la musique au service de son audience.

L’idée séduit déjà. C’est carte blanche pour Roberto Fonseca à Paris, mais pas seulement : il relèvera aussi le défi à New York et à Cuba pour une expérience toujours plus immersive dans l’âge d’or de la musique cubaine. Le rythme échevelé de la percussion, l’audace de Fonseca, un orchestre digne du Cotton Club ou du Buena Vista, le décor à l’identique des années 30, tous les éléments nécessaires pour faire valser un public aussi large et diversifié que celui qui fréquentait la Cabane cubaine. Dans les tenues de circonstance, Roberto et ses musiciens interpréteront les morceaux enivrants des années folles de Cuba, inspirés par les grands noms de l’époque, comme le pianiste Lily Martinez, pour n’en citer qu’un.

Que vous connaissiez ou non les pas du mambo, de la rumba vals, bolero contra danse ou de la salsa, vêtus de vos plus beaux atours, vous ne résisterez pas à l’envie de vous déhancher sur les mélodies de celui qui est considéré aujourd’hui comme l’incarnation du renouveau de la musique cubaine.