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ROBERTO FONSECA BIOGRAPHIE

Roberto Fonseca est un pianiste, interprète, multi-instrumentiste, compositeur, réalisateur et meneur de groupe cubain. Né à La Havane, où il réside encore, il a déjà sorti neuf albums en solo dans lesquels il s’efforçait de marier les genres. Nommé pour un Grammy Award, ses nombreuses tournées lui ont permis d’avoir déjà parcouru plusieurs fois le monde. Au cours de sa carrière, il aura œuvré pour réaliser l’ambition de ses débuts en 1990 : “Peu importe où se trouvent les gens, je veux qu’ils puissent entendre ma musique et se dire, “C’est du Roberto Fonseca”.”

Roberto continue d’épater, exprimant avec prouesse à quel point il fourmille d’idées, avec une sensibilité pour le jazz et des racines profondément ancrées dans la tradition afro-cubaine. ““Le pianiste le plus passionnant de Cuba” titrait le quotidien britannique The Guardian. “… Il fait du nouveau avec de l’ancien, sans jamais renier ses origines, qu’il ouvre largement au monde” complétait le Figaro. “Ouvre le champ des possibles, et rend le moment parfait, intensément vrai” déclarait le New York Times.

Né en 1975, Roberto Fonseca a grandi à San Miguel del Padrón, situé dans le quartier modeste du Barrio Obrero, dans la banlieue sud-est de la Havane. Son père, Roberto Fonseca Senior jouait de la batterie. Sa mère Mercedes Cortes Alfaro, était danseuse au légendaire Tropicana Club et était réputée à Cuba comme chanteuse de Bolero. Ses deux frères ainés jouent respectivement de la batterie et des percussions. Le jeune Roberto débute la batterie à l’âge de quatre ans – avec son premier concert professionnel donné dans un groupe de reprises des Beatles – avant de se mettre au piano à l’âge de huit ans. Il compose ses propres morceaux depuis son adolescence.

Sa technique est toute aussi percutante et musclée, qu’agile et délicate. Ses goûts toujours éclectiques : du hard-rock pour son énergie et ses lignes de basse. Du jazz américain enseigné à l’école, consommé sans relâche avec Herbie Hancock, Keith Jarrett et Oscar Peterson, tournant en boucle. De la funk et de la soul. De la musique africaine et brésilienne, du reggaeton, de l’électro, du hip-hop. De la musique classique: “Mozart, Chopin, Beethoven, Rachmaninov, Scriabin, Grieg, Bartok” dit Roberto “toujours et encore”.

Et toujours, ¡siempre!, la musique de Cuba, cette île des caraïbes, vibrante, tenace et d’une grande créativité. Avec des racines profondément ancrées dans la tradition afro-cubaine, Roberto Fonseca fait le pont entre l’ancien et le moderne et porte la musique cubaine – toutes les musiques – vers l’avant, relevant les défis, brisant les chaînes, démontrant ce qui peut être accompli. Il inspire ainsi les jeunes musiciens de Cuba, qui voient ses explorations entre les genres et son succès international comme un exemple à suivre.

Fonseca fait ses débuts en concert au Jazz Plaza Festival de la Havane à l’âge de 15 ans. Il obtient ensuite un Master en composition dans le très réputé Instituto Superior de Arte avec la ferme intention de porter son attention sur l’extérieur tout en restant fidèle à son héritage. À l’âge de 21 ans il accompagne un chanteur italien au piano lors d’une tournée en Italie. De retour à Cuba, il rejoint Temperamento, une formation de jazz progressif dirigée par le saxophoniste Javier Zalba, avec lequel il collabore pendant près de 15 ans, notamment en enregistrant En El Comienzo en 1998, qui remporte le prix du Meilleur Album de Jazz à la cérémonie Cubadisco.

En 1999, Roberto publie son premier album solo, Tiene Que Ver, rapidement suivi de deux autres albums, No Limit: AfroCuban Jazz en 2000, enregistré au Japon et depuis devenu un classique culte et Elengó (2001), qui mélange rythmes afro-cubains et sons hip-hop et drum’n’bass. Il compose la musique originale de Black, un film réalisé par le français P. Maraval et réalise un album pour son groupe hip-hop Obsesión. Il est propulsé sur la scène internationale lorsqu’il rejoint le légendaire groupe composé des maestros pleins d’expérience du Buena Vista Social Club en 2001, remplaçant au piano Ruben Gonzalez convalescent (1919 – 2003) avant de parcourir le globe en compagnie du chanteur Ibrahim Ferrer (1927 – 2005) ainsi que de l’éternelle diva du BVSC Omara Portuondo.

Il co-réalise et joue sur l’album posthume d’Ibrahim Ferrer Mi Sueño: A Bolero Songbook (2006), avant de sortir Zamazu, son album solo de jazz-roots référence en 2007. Célébrée pour sa sensualité et sa modernité, son côté hautement spirituel et farouchement pionnière dans son genre, la vision audacieuse partagée dans Zamazu impliquant plus de 20 collaborateurs, promettait un futur radieux. Roberto poursuit avec Akokan en 2009, un album sur lequel son quartet est rejoint par la chanteuse cap-verdienne Mayra Andrade et le guitariste américain Raul Midon. Son Live in Marciac a été enregistré devant près de 5000 fans lors du festival éponyme situé dans le sud de la France.

Certaines références du monde culturel ont su percevoir son merveilleux potentiel, la richesse et la brillance de ses idées, une personnalité avec une identité cubaine intrinsèque et dotée d’un sens du cool indescriptible. La créatrice mythique Agnès B lui signe ses costumes cintrés et son chapeau en cuir Byblos dès 2006 (“Nous partageons des idées, des concepts”). L’incontournable passionné de musique basé à Londres Gilles Peterson lui demande d’arranger et produire le projet avant-gardiste Havana Cultura en 2010, un double album qui met en avant la nouvelle génération musicale cubaine du reggaeton, au hip-hop en passant par l’afro-jazz. La musique de Roberto est désormais très demandée pour accompagner des campagnes publicitaires haute-gamme. Son sens visuel pointu et alternatif prend encore plus de sens avec ses clips vidéo et ses pochettes d’album, confirmant que Roberto Fonseca est bien un créatif complet et accompli.

En 2012, il est nommé pour un Grammy avec son chef-d’œuvre Yo, un album sur-vitaminé réalisé avec l’aide de 15 musiciens de Cuba, d’Afrique et des États-Unis, qui franchit encore un cap dans la volonté de Roberto d’allier tradition et expérimentations. Ce changement dans son approche de la composition prend tout son sens dans le vif et captivant “7 Rayos”, qui fusionne sonorités cubaines et musique classique, avec des instruments d’Afrique de l’Ouest, de la musique électronique et de la poésie rhythmique déclamée en slam.

“L’écriture du titre ‘7 Rayos’ a marqué un tournant dans ma vie” explique Roberto. “J’avais presque peur de faire quelque chose d’aussi fou. Mais j’ai mélangé tous ces éléments, créant un pont entre eux et j’ai adoré le résultat. C’était le début d’une nouvelle ère pour Roberto Fonseca”.

Une autre artiste résolument futuriste apparait également sur Yo: la star malienne, chanteuse, compositrice et guitariste Fatoumata Diawara, avec laquelle Roberto s’est produit sur scène lors de concerts remarquables notamment au Barbican de Londres ou à la Philharmonie de Paris. En témoigne cet album live At Home, sorti en 2015, également enregistré au festival Jazz in Marciac. “Cette collaboration avec Fatou m’a permis d’entrevoir de nouvelles possibilités sur le travail de percussion et de guitare” confie Roberto Fonseca.

ABUC sorti en 2016 (“***** contrastes cubains incandescents” – The Guardian) explore l’histoire, le passé, le présent et le futur de la musique cubaine avec un casting impressionnant de 30 invités. Un grand projet de plus de deux ans, illustrant la richesse et la diversité de Cuba (“Ma culture est si riche et variée que les possibilités sont infinies”). ABUC est sorti la même année où Roberto est devenu le directeur artistique du premier Festival Jazz Plaza et Santiago de Cuba – affilié au festival qui lui avait permis de faire ses débuts il y a 26 ans.

À côté des enregistrements et des collaborations, après la composition et les répétitions, Roberto Fonseca se produit en concert en tête d’affiche. Lorsqu’il est chez lui à La Havane, il se produit lors d’une résidence deux fois par semaine au club Zorro y el Cuevo (Le Corbeau et le Renard) avec ses musiciens – également bénis par cette même curiosité musicale et ce penchant pour les expérimentations. Ensemble ils explorent de nouvelles compositions, se testent avec des changements de rythmes éclairs, laissant l’espace pour construire de nouvelles idées et découvrir là où la musique les mènent.

C’est de cette façon que Roberto Fonseca en trio – épaulé du batteur Raúl Herrera et du collaborateur de longue date Yandy Martínez-Rodriguez à la contrebasse – façonne les 13 compositions originales du nouvel album Yesun. Disponible sur le label 3ème Bureau/Wagram Music dès le 18 Octobre 2019, le nouvel album inclue des invités prestigieux tels le saxophoniste récompensé aux Grammy Awards Joe Lovano, le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf et la star montante du rap cubain Danae Suarez. Les sons de claviers rétro-modernes, les rythmiques organiques africaines ou électro et les samples complètent Yesun, un album que Roberto avait toujours cherché à réaliser.

Ayant été distingué en 2019 (recevant le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture), Roberto Fonseca se sent la liberté de prendre encore plus de risques, de défricher de nouveaux territoires, faire avancer sa musique – et celle de Cuba – encore plus loin. Il ne lui reste plus qu’à écrire le futur à son image.

Ma culture est si forte et variée” dit Roberto souriant “Il y a tellement de vie ici, tellement de musique. Nous sommes riches”.