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ROBERT FONSECA PRÉSENTE SON NOUVEL ALBUM YESUN

PR COURTE

Tout au long de sa carrière, Roberto Fonseca a su prouver avec talent qu’il fourmillait d’idées. Pianiste à la sensibilité jazz et aux racines profondément ancrées dans la tradition afro-cubaine, Roberto Fonseca, originaire de la Havane, présente Yesun, son neuvième album solo, prévu pour le 18 octobre prochain.

Yesun est le disque que j’ai toujours voulu réaliser”, confie Roberto Fonseca à propos de cet album, où se rencontre une foule de styles, du jazz à la musique classique en passant par le rap, le funk, le reggaeton et l’électro, traçant ainsi un chemin singulier, improvisé, affranchi des règles. “Toutes mes influences sont rassemblées ici. Tous les sons, les ambiances qui font ce que je suis aujourd’hui”.

C’est un album de 12 titres originaux en trio, sur lequel Roberto est épaulé par ses amis musiciens, le batteur Ruly Herrera et son contrebassiste de toujours Yandy Martínez. On y retrouve également le saxophoniste Joe Lovano (récompensé par un Grammy Award), le célèbre trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, la chanteuse/rappeuse cubaine (nommée pour un Grammy Award) Danay Suarez et l’illustre diva bolero cubaine Mercedes Cortés.

Yesun succède à ABUC, sorti en 2016 des contrastes cubains incandescents” – The Guardian), qui retraçait l’histoire de la musique cubaine jusqu’à nos jours tout en présentant son futur, et accueillant pour se faire plus de 30 invités. Plus concentré mais non moins ambitieux, Yesun puise toujours dans la patrie de Roberto Fonseca – une musique telle un kaléidoscope à l’image de Cuba – mais avec le cap tourné vers le futur. L’album est bercé par les sons électroniques, le slam, les claviers rétro-modernes ainsi que par la voix intense de Roberto, et bien plus encore.

Transgresser les règles. Etablir une nouvelle référence. Faire tomber les barrières.

« Yesun présente un Cuba sans frontières” explique Roberto. “Je construis des ponts entre mes traditions afro-cubaines et d’autres styles musicaux, tout en prenant plaisir à créer des choses folles en concert. J’apporte de nouvelles idées glanées pendant toutes ces années où j’ai parcouru le monde. J’emmène la musique cubaine avec moi, et vers le futur”.

Même s’il est relativement jeune pour quelqu’un qui bénéficie déjà d’un statut proche de celui de maestro, Roberto Fonseca a été le fer de lance de la renaissance de la musique cubaine. Avec une carrière solo débutée à l’âge de 15 ans sur la scène du Festival Jazz Plaza de La Havane en 1990, il obtient ensuite un Master en composition dans le très réputé Instituto Superior de Arte avec la ferme intention de marquer la scène de son empreinte.

Tel un Chopin cubain. Le Herbie Hancock de La Havane. Un compositeur à la patte si singulière que n’importe qui pourrait reconnaitre sa musique.

Roberto avait déjà sorti trois albums en solo lorsqu’au début des années 2000 il rejoint le légendaire Buena Vista Social Club, remplaçant, pour raison de santé, Ruben Gonzalez (1919 – 2003) avant de partir en tournée avec les séniors du Buena Vista, à savoir le crooner Ibrahim Ferrer (1927 – 2005) puis la chanteuse Omara Portuondo. Son catalogue solo s’étoffe, avec la sortie de Zamazu en 2007, confirmant qu’il était bien un interprète et compositeur émérite. Puis en 2012, vint Yo, nommé pour un Grammy Award, où Roberto expérimentait en puisant dans la tradition, accompagné de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, avec laquelle il poursuivra la collaboration avec succès sur scène.

En 2016, année de sortie de ABUC, il est nommé Directeur Artistique du premier Jazz Plaza Festival de Santiago de Cuba.

En 2019, l’année de Yesun, Roberto Fonseca reçoit le prestigieux titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, décerné par le ministère de la Culture français.

L’ambition de Roberto reste la même : “J’essaye toujours de devenir un meilleur musicien, donc peu importe où je me trouve, je suis toujours en train de répéter, de composer, composer encore et répéter de nouveau” avoue-t-il. “J’adore expérimenter, explorer de nouvelles contrées sonores”.

Yesun est un jeu de mot qui symbolise l’eau. L’eau tirée du puit de l’histoire afro-cubaine, revisitée avec un regard moderne, porté vers l’avenir. De la même façon que l’eau est essentielle à la vie, s’étend au loin en prenant des formes différentes, la musique de Roberto Fonseca adopte la même fluidité entre l’ancien et le moderne, se glissant entre les aspérités et devenant source de croissance. Il ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour les jeunes musiciens de Cuba qui s’inspirent de ses explorations au-delà des genres et de son succès à l’international.

Cet album porte à merveille la signature Fonseca. Cette précision dans la forme, dans la rythmique et les mélodies. Cette richesse dans les idées. Des compositions volubiles. Fonseca laisse également plus de respirations à ses titres avec ses solos, agiles et délicats par moments, plus percutants et musclés à d’autres, mais toujours exécutés avec réflexion, lyrisme et un objectif défini.

Quand vous êtes jeune, vous voulez tout raconter, vous vous retrouvez à jouer trop de notes. J’ai désormais plus confiance en mon jeu, ce qui m’a permis de comprendre que la meilleure façon de toucher le plus de gens possible était de leur donner de l’espace pour vous comprendre”.

La llamada(‘L’Appel’), le titre d’ouverture, transporte l’auditeur directement dans un nouveau chapitre musical orchestré par Roberto. Autour d’une histoire d’amitié salvatrice, le titre est propulsé par le piano avec des changements de rythme habiles et les voix célestes du quartet féminin de Cuba basé à Barcelone, Gema 4. “Ce sont des musiciennes tellement ouvertes d’esprit” dit Roberto. “Ce qu’elles parviennent à faire avec leur voix est fantastique”.

Kachucha”, vibre avec toute la fierté afro-centrique, fusionnant des rythmiques hypnotiques – rumba, mambo, cha cha – avec les nappes vocales graves de baryton, en hommage à celles qui résonnaient dans les bateaux d’esclaves. La trompette d’Ibrahim Maalouf et ses envolées libératrices introduit un vibrant tumbao entonné par Roberto ‘Ah de Cuba yo soy’ (‘Ah, je viens de Cuba’) alors que Mercédes Cortes et Yipsi Li célèbrent la vie en chantant, évoquant la gratitude, très certainement en hommage à leur île bien-aimée.

Cadenas se libère sur un style prog-rock avant qu’un changement de tempo ne le ramène sur une ambiance cha-cha, où Danay Suarez exhorte chacun, avec ses prêches en slam pleins de vérité, à libérer son esprit : “Elle parle de ce besoin de privilégier l’aspect spirituel aux choses matérielles, et l’importance de lutter pour défendre son âme.”

“Por Tiest un chef-d’oeuvre de composition classique, d’inventivité continue dans l’écriture, fortement référencé dans le genre, “60 pour-cent de mon son provient d’influences de musique classique. Mozart, Chopin, Beethoven, Rachmaninov, Scriabin, Grieg, Bela Bartok,” confie Roberto. “J’espère que quand les gens écouteront cette chanson, les larmes couleront de leur visage. Qu’ils pourront ainsi apprendre à me connaître”.

Agguaest un appel à la fête qui mélange mambo et rumba au hip-hop, reggaeton et à l’électro; un appel aussi très certainement inspiré de bénédictions divines. “Motown” illustre la remarquable connexion télépathique qui unit le trio avec des solos de Moog enfiévrés qui rappellent les années 70 et Headhunters, tout en plongeant dans des sonorités nouvelles et audacieuses. Sur  “Stone of Hope”, Roberto Fonseca interprète avec douceur, dans un style bossa-nova, sur des boucles de basses qui évoquent le style yambú de la rumba cubaine.

Il y a tellement de musique cubaine sur l’album” précise-t’il. “Pas les clichés cubains faits de maracas et de cigares mais des choses plus profondes. Le côté plus moderne et avant-gardiste. La musique de mon Cuba à moi.”

La chorale de rue cubaine composée des voix de Fonseca, Herrera et Martinez, exalte sur “Vivo”,  avec ces chants enregistrés comme si chacun était posté sur un carrefour du barrio, au milieu des rythmes éparpillés, des riffs lâchés et du saxophone de Joe Lovano qui déclame tout autour. “C’est donc mon titre le plus rebelle”, précise Roberto avec un sourire.

Mambo pa la Nina est un mambo fou nourrit par des sons électroniques modernes, un Moog vintage et un orgue Hammond au grain si particulier : “J’ai toujours adoré ces sons analogiques. J’ai grandi en écoutant Herbie (Hancock) ou Joe Zawinul qui infusaient tout leur talent harmonique dans ces claviers, trouvant un équilibre en douceur, puissance et spiritualité”.

Avec Ocha”, Fonseca verse de l’eau sur ses racines afro-cubaines, dénonçant de nouveaux clichés au passage.No soy de esos est un instrumental poignant où Roberto Fonseca se distingue comme un musicien (et un homme) sensible, alliant le fond à la forme. L’album se ponctue sur Clave, et un sample de la légende du rumba Carlos Embale, un hymne très funk, avec une de ces constructions très simples qui forment la base de la musique afro-cubaine, avec tout le champ des possibles que cela permet.

Voici Yesun. Un album réalisé par un virtuose cubain, déterminé par l’idée de faire la musique à sa façon et de moderniser la musique cubaine au passage.

Ma culture est assez forte et riche pour me permettre d’utiliser les sons de différentes façons. De prendre des risques et de tout mélanger. De regarder vers le futur, toujours vers l’avant, sans jamais oublier mes racines”.

Yesun c’est moi,” confie Roberto Fonseca. “Yesun c’est qui je suis.”